• Le Négrier, de JMW Turner (1840)

    Le Négrier, de JMW Turner (1840)

    Temps de lecture :

    1–2 minutes

    Un épi­sode de 26′ de la col­lec­tion Les petits secrets des grands tableaux dif­fu­sée sur Arte

    Réalisé par Jivko Darakchiev, pro­duit par Sophie Goupil


    Pratiqué depuis l’Antiquité, l’esclavage connaît un essor sans pré­cé­dent à par­tir du 16e siècle avec la traite des Africains par les Européens vers les immenses plan­ta­tions amé­ri­caines. Le Royaume-Uni est la pre­mière nation à abo­lir la traite négrière au début du 19e siècle. Dès lors, elle n’hésite pas à pour­chas­ser de sa puis­sante flotte les navires négriers étran­gers tout autour du globe.

    Le bri­tan­nique J.M.W. Turner, fas­ci­né par la mer et la magie de ses élé­ments, s’applique à peindre depuis sa jeu­nesse la fougue des tem­pêtes et les rela­tions mari­times tumul­tueuses des hommes à tra­vers les âges. Sa touche vivante réin­vente la pein­ture de pay­sage : débar­ras­sée de ses codes sur­an­nés, elle se charge d’une pro­fon­deur inédite par les sen­ti­ments qu’elle exprime.

    En 1840, il pré­sente à l’Académie une toile qui semble repré­sen­ter un épi­sode pas­sé de l’horreur négrière du pays, lorsqu’un capi­taine fit jeter par-dessus bord des esclaves malades encore vivants. À moins que… ce ne soit un épi­sode au pré­sent, un navire négrier étran­ger se débar­ras­sant de ses esclaves pour échap­per à un pour­sui­vant bri­tan­nique. Et si c’était les deux à la fois ?

    Mutique et dis­si­mu­la­teur lui-même, le peintre plonge dans les eaux troubles d’une socié­té bri­tan­nique ber­cée par les inno­va­tions éco­no­miques et tech­no­lo­giques de son époque, ren­voyant à l’Homme libre sa res­pon­sa­bi­li­té per­sis­tante dans l’exploitation de ses sem­blables, hier escla­va­giste, désor­mais indus­trielle, et bien­tôt mondialisée…

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  • Bal du moulin de la galette, d’Auguste Renoir (1876)

    Bal du moulin de la galette, d’Auguste Renoir (1876)

    Temps de lecture :

    1–2 minutes

    Un épi­sode de 26′ de la col­lec­tion Les petits secrets des grands tableaux dif­fu­sée sur Arte

    Réalisé par Carlos Franklin, pro­duit par Sophie Goupil


    Depuis la Révolution Française, monar­chies, empires et répu­bliques se suc­cèdent en France. En 1870, le peuple pari­sien est assié­gé par l’armée prus­sienne, puis à nou­veau en 1871 par l’armée fran­çaise lorsqu’il se sou­lève contre le pou­voir capi­tu­lard en ins­tau­rant la Commune Insurrectionnelle. À la misère des res­tric­tions fait suite la vio­lence de la répression.

    Au sor­tir des conflits, quelques artistes s’emparent des nou­veaux outils qui per­mettent de peindre en plein air pour mani­fes­ter d’une touche per­son­nelle la pré­émi­nence de la cou­leur et l’importance des motifs du quo­ti­dien. Mais les Impressionnistes ont du mal à convaincre le public et la cri­tique, et doivent sur­tout comp­ter sur eux-mêmes…

    À 35 ans, Pierre-Auguste Renoir par­tage avec ses amis à Montmartre la misère des ouvriers exploi­tés, artistes désar­gen­tés, pros­ti­tuées déni­grées qui se retrouvent le dimanche au Bal du Moulin de la Galette pour oublier leur condi­tion le temps d’une danse joyeuse. Sur la grande toile où il les repré­sente, le peintre met la moder­ni­té au ser­vice d’une convi­via­li­té rayon­nante et immortelle.

    Sur les hau­teurs d’une ville-lumière bien­tôt capi­tale du monde, Renoir affirme dans les reflets des étoffes, la dou­ceur des sou­rires et l’éclat d’un après-midi colo­ré la force vivante du peuple des invi­sibles, célé­brant par la joie des oubliés l’expression de leur liber­té éternelle.

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  • La Fin du monde est plus compliquée que prévu

    La Fin du monde est plus compliquée que prévu

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    1–2 minutes

    Ah, si l’on pou­vait faire table rase et repar­tir de zéro ! C’est jus­te­ment l’op­por­tu­ni­té qui se pré­sente à Sylvestre, tra­duc­teur misan­thrope et aso­cial, lorsque le diri­geant de la Corée du Nord annonce qu’il va faire sau­ter la pla­nète à la fin de la semaine. L’issue est claire : Sylvestre n’a plus qu’à se pré­pa­rer pour l’Apocalypse, d’où rejailli­ra une socié­té nou­velle. Mais rien n’est jamais simple en ce monde… pas même sa fin ! Et quand celle-ci approche, l’hu­ma­ni­té se montre plus absurde, ridi­cule et tou­chante que jamais.


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  • Vue de Varsovie, de Bernardo Bellotto (1773)

    Vue de Varsovie, de Bernardo Bellotto (1773)

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    1–2 minutes

    Un épi­sode de 26′ de la col­lec­tion Les petits secrets des grands tableaux dif­fu­sée sur Arte

    Réalisé par Jivko Darakchiev, pro­duit par Sophie Goupil


    À la fin du 18e siècle, la Pologne est un ter­ri­toire encore lar­ge­ment rural, à l’écart des Lumières qui imprègnent l’Europe. Les tra­di­tions et les luttes de pou­voir main­tiennent le pays dans un immo­bi­lisme qui ne pro­fite qu’à une poi­gnée de familles aris­to­cra­tiques se par­ta­geant, avec le cler­gé, les terres sur les­quelles trime le reste de la popu­la­tion, condam­né au servage.

    La Russie, l’Autriche et la Prusse pro­fitent des fai­blesses du sys­tème poli­tique de leur voi­sin pour le main­te­nir sous leur domi­na­tion, allant jusqu’à choi­sir ses monarques. En 1764, l’impératrice Catherine II de Russie place ain­si sur le trône de Pologne Stanislas Auguste Poniatowski, un amant de jeu­nesse qu’elle pense inoffensif.

    Mais celui-ci s’affranchit de sa tutelle et décide de réfor­mer le pays : il déve­loppe le com­merce et l’économie, lance de grands tra­vaux et entre­prend d’éduquer son peuple. Inspiré de son voyage de jeu­nesse à Paris, il convie à Varsovie, pour en nour­rir la vie cultu­relle, pen­seurs et artistes étran­gers – et en prend quelques uns à son service.

    C’est le cas du peintre véni­tien Bernardo Bellotto, spé­cia­liste de l’art de la vedu­ta. À la demande du roi, Bellotto repro­duit la vie de la capi­tale à tra­vers 27 vues pré­cises, dont l’une, en 1773, depuis la ter­rasse du Château Royal. Sur ce pano­ra­ma, l’artiste dépasse l’exactitude archi­tec­tu­rale de la ville pour en trans­mettre l’atmosphère sin­gu­lière, dévoi­lant ain­si la richesse d’une socié­té à la char­nière de son histoire.

    L’œuvre de Bernardo Bellotto, après avoir aidé en son temps la pro­pa­gande royale, sera 150 ans plus tard le modèle des sovié­tiques dans leur recons­truc­tion de la ville, détruite par la seconde guerre mon­diale ; une res­tau­ra­tion vou­lue fidèle à sa pure­té ori­gi­nelle, mais qui n’est que la concré­ti­sa­tion de la vision toute per­son­nelle du peintre…

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​7​t​T​1​D​t​m​K​4jA

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  • El dos de mayo, de Francisco Goya (1814)

    El dos de mayo, de Francisco Goya (1814)

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    1–2 minutes

    Un épi­sode de 26′ de la col­lec­tion Les petits secrets des grands tableaux dif­fu­sée sur Arte

    Réalisé par Carlos Franklin, pro­duit par Sophie Goupil


    Au début du 19e siècle, Napoléon Bonaparte étend son Empire en Europe, face aux Royaumes ligués contre lui. Pour iso­ler l’Angleterre, son plus farouche enne­mi, l’Empereur part enva­hir le Portugal, et s’attarde en che­min en Espagne, où il est frap­pé par l’état de vétus­té et de déca­dence du pays. Il y voit l’occasion de se débar­ras­ser des der­niers rois Bourbons qui le dirigent.

    Après avoir contraint le pou­voir espa­gnol à abdi­quer, Napoléon place ain­si sur le trône son frère Joseph Bonaparte. Les intel­lec­tuels espa­gnols se réjouissent de l’irruption des Français, dont ils espèrent que l’esprit des Lumières va moder­ni­ser le pays, et lui per­mettre de retrou­ver sa splen­deur d’antan. Mais l’arrogance et le mépris gau­lois douchent les espoirs, et le peuple rapi­de­ment se révolte contre l’envahisseur.

    Le 2 mai 1808, à Madrid, la foule s’oppose bru­ta­le­ment à l’armée fran­çaise, et débute une guerre d’indépendance qui dure­ra 6 ans. Par sa résis­tance, le peuple espa­gnol invente le conflit moderne : la gué­rilla. La guerre est mar­quée par la cruau­té des exac­tions des deux camps, entre un peuple fier et une armée désœuvrée.

    Francisco de Goya, pre­mier peintre de la cour royale, est le témoin de ces hor­reurs, qu’il docu­mente clan­des­ti­ne­ment dans des séries de gra­vures, en paral­lèle de ses acti­vi­tés offi­cielles au ser­vice des pou­voirs suc­ces­sifs. À la fin de la guerre, en 1814, il peint, pour le retour d’exil du roi d’Espagne Ferdinand VII, une toile à la gloire du peuple, repré­sen­tant le début de son insurrection. 

    Le tableau innove par l’audace de sa com­po­si­tion et par sa repré­sen­ta­tion inédite de la vio­lence, défri­chant, pour les peintres de la moder­ni­té qui sui­vront, l’expression bru­tale d’une huma­ni­té livrée à elle-même.

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  • L’Astronome, de Johannes Vermeer (1668)

    L’Astronome, de Johannes Vermeer (1668)

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    Un épi­sode de 26′ de la col­lec­tion Les petits secrets des grands tableaux dif­fu­sée sur Arte

    Réalisé par Carlos Franklin, pro­duit par Sophie Goupil


    À la fin du 17e siècle, alors qu’elle vient de décro­cher son indé­pen­dance du Royaume d’Espagne après 80 ans de guerre, la petite répu­blique pro­tes­tante des Provinces-Unies est déjà vic­to­rieuse sur le plan éco­no­mique. Sa flotte puis­sante lui assure la domi­na­tion du com­merce avec le monde entier.

    Les artistes de la jeune répu­blique, qui ne peuvent plus comp­ter sur le mécé­nat d’une cour royale ou de l’Église Catholique, optent dans leurs tableaux pour des thèmes du quo­ti­dien, en petits for­mats, afin de plaire aux nou­veaux ache­teurs que sont les repré­sen­tants d’une bour­geoi­sie en plein essor.

    Dans la petite ville de Delft, qu’il ne quit­te­ra pas de toute sa vie, le peintre Johannes Vermeer habite et tra­vaille dans la mai­son de sa belle-famille, avec sa femme et ses onze enfants. Une grande séré­ni­té poé­tique se dégage pour­tant de ses chefs‑d’œuvre, bai­gnés à chaque fois d’une lumière qui sublime la sim­pli­ci­té appa­rente de la scène…

    Parmi les nom­breux por­traits fémi­nins qui feront sa célé­bri­té, le peintre choi­sit pour la pre­mière fois en 1668 de repré­sen­ter un homme seul. En kimo­no, pen­chés sur des ins­tru­ments minu­tieu­se­ment repro­duits, celui-ci tra­vaille avec une fer­veur toute scien­ti­fique. Un com­pas, un astro­labe, un globe céleste et de nom­breux livres lui per­mettent d’étudier les astres sans même avoir à lever le regard. Dans le pro­lon­ge­ment de la révo­lu­tion coper­ni­cienne, l’homme quitte le refuge de Dieu pour se pro­je­ter dans l’infini.

    Aux bal­bu­tie­ments d’un capi­ta­lisme moderne aujourd’hui mon­dia­li­sé, Vermeer, dans l’intimité de son inté­rieur, tra­duit avec génie la soif de décou­vertes d’une époque dont le regard embrasse déjà le monde et les étoiles.

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Auteur de romans, scénariste de documentaires, consultant en scénarios et curieux de tout.

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